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Comment les blogueurs ont révolutionné le journalismeOn a beaucoup écrit sur l’affrontement blogueurs/ Journalistes, et sur la question de savoir si un blogueur pouvait être considéré ou non comme un journaliste. Au delà de ce débat (qui n’en est plus vraiment un) on s’est rarement interrogé (en tout cas du côté des journalistes) sur ce que les blogueurs avaient apporté à la profession.Pourtant, lorsque l’on observe les pratiques éditoriales qui se développent aujourd’hui sur le web (et même ponctuellement sur les supports traditionnels), il est difficile de nier. Les pionniers du blog, ces "non journalistes" ont révolutionné notre approche de l’info. La nature a horreur du vide. Tandis que, pendant des années, les journalistes ont tourné le dos au web, les blogueurs ont investi ce nouvel espace d’informations. Ils en ont intégré parfaitement les règles et les pièges. Ils sont d’ailleurs à l’origine d’un certain nombre d’entre-eux. J’ai retenu 10 apports majeurs (à vous de compléter... ou contester) : 1- La conversation : c’était (et c’est toujours) la baseline du blog de Loïc Le Meur, l’un des premiers gros blogueurs français : "Les médias traditionnels envoient des messages, les blogs démarrent des conversations". Aujourd’hui, très peu de médias traditionnels envisagent sérieusement de ne pas ouvrir leurs articles aux commentaires. Cette généralisation a profondément modifié la façon dont les journalistes -mais surtout les lecteurs- abordent l’information. Un article, aujourd’hui, ce n’est plus seulement le billet du journaliste, mais le billet+les réactions des lecteurs. Ces derniers y apportent leur éclairage, leurs corrections, leur témoignage ou leur analyse. Ce bouleversement touche également l’écriture. On n’écrit pas de la même manière un article qui ouvre une conversation, qu’un article traditionnel. 2- L’info perfectible, ou l’info "work in progress" : c’est la conséquence du premier. Un article qui ouvre une conversation n’a pas besoin d’être bouclé, les fondamentaux qualitatifs ne sont plus les mêmes. Il peut s’enrichir avec le temps, et les apports de la communauté. Il y a du positif et du négatif dans cette évolution. Négatif : on peut être tenté de lancer n’importe quel sujet avant de l’avoir verrouillé. Positif : l’info se fait moins démonstrative (les témoignages recueillis par le journaliste pour illustrer et justifier son propos) et s’ouvre sur la surprise. 3- Le buzz : il est quasiment né avec le blog. Il venait casser la hiérarchie des médias traditionnels. Après le scoop, le buzz : une sorte de bouche à oreille sur le Net qui transforme une "petite info", peu ou non relayée par les médias, en sujet dont tout le monde parle. Du coup, un journaliste sur le web pense désormais "buzz". 4- L’info antéchronologique et pas hiérarchisée : regardez la plupart des nouvelles formules de sites (20minutes, Le Figaro). Toutes commencent à intégrer ce qu’on appelle le "fleuve". Un "flow" de news, qui s’inspire du fil antechronologique des blogs (l’info en Une est la dernière info publiée). Aujourd’hui, cependant (à part Le Post.fr), tous hiérarchisent leur fil d’infos. 5- Le référencement : l’info est donc déhiérarchisée sur les blogs : on lit la dernière news publiée ou on fait une recherche sémantique. Par contre, l’info blog s’inscrit complètement dans la dynamique des moteurs de recherche. Un bon blogueur sait travailler ses titres, ses entames de texte, ses liens et ses tags de façon à être bien référencé. Ce qui ne veut pas dire que tout journaliste doit écrire uniquement pour être référencé. Mais intégrer ce nouveau compromis référencement/ précision de l’information dans sa logique d’accroche. 6- L’info tremplin : l’info se construit différement. Antéchronologique, elle peut être plus courte et feuilletonnée. On peut passer d’un post long et construit à un post simple qui montre juste du doigt : regardez cettte vidéo, allez lire ceci ou cela... Car l’info blog sert aussi de plateforme vers d’autres news vues ailleurs, grâce aux liens hypertexte : c’est la particularité du web. On a ainsi vu se développer de nouveaux formats : 7 - L’agrégation, la veille d’infos : avec la révolution des liens hypertexte, les blogueurs ont réinventé un vieux format éditorial : la revue de presse. Dans leur grande majorité, les blogs n’apportent pas de nouvelle information, mais effectuent une veille de l’info (leurs sources sont généralement plus larges et moins rigoureuses que les médias traditionnels). C’est une revue de presse, souvent pertinente, où le blogueur dépasse le copier-coller pour ouvrir une conversation ou pointer du doigt un détail important. Le Huffington Post, média pure-web américain, a fondé sa stratégie éditoriale (et son immense succès) sur la syndication de contenus, à la manière des blogueurs. 8- La liste : c’est un des formats éditoriaux les plus efficaces inventés par la blogosphère. Un article peut être composé d’une seule liste ("les 10 plus...", "10 idées pour", ...). Chaque entrée renvoie généralement vers un lien, mais on peut aussi avoir des listes d’images ou de vidéos. C’est un moyen de synthétiser l’info très efficace. 9- L’écriture à tiroirs : elle joue sur les liens qui permettent d’écrire plus court (on clique pour en savoir plus), mais aussi sur l’iconographie ou les vidéos qui viennent s’intégrer dans l’écriture même de l’article, pas seulement en illustration. Les blogueurs ont également intégré un certain nombre de jeux typographiques dans l’écriture : utilisation du gras, mais aussi du mot barré (qui indique qu’une correction a été faite après mise-à-jour). 10- Un ton nouveau : il est celui de la conversation. Plus libre, souvent plus proche du langage parlé, il intègre également cette écriture à tiroirs et la dimension interactive du web. J’en ai évidemment oublié. D’autres exemples ? Auteur : Benoît Raphaël Source : [Blog "Demain, tous jouranlistes ?-http://benoit-raphael.blogspot.com] Date de publication : 4 mai 2008 Articles les plus récents : | ||
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